Le millésime 2015 à Bordeaux, un nouveau 2003?

Alors que les stades phénologiques s’enchainent et que les premières baies commencent à vérer, le millésime 2015 s’annonce comme une année très chaude et sèche. Malgré un débourrement tardif début avril, le millésime 2015 se place maintenant comme une année très précoce rattrapant 2011. Ce rattrapage est expliqué par des températures en mai, juin et juillet supérieures aux normales saisonnières et les plus chaudes jamais recensées par les stations météo. En effet sur les derniers millésimes, la moyenne des températures à Bordeaux depuis le premier mai est de 19,3°C en 2015, contre 17,9°C en 2014, 17°C en 2013, 18,6°C en 2011 et 18°C en 2010.
Aujourd’hui, 21 juillet 2015 nous enregistrons 7 jours d’avance en temps thermique (accumulation de degré jour en base 10 depuis le 1er avril) dans le Médoc, 10 jours à Léognan et 12 jours dans le Libournais par rapport à l’année dernière.
Après un hiver relativement pluvieux excepté dans le Libournais où les précipitations ont été plus faibles (300mm), nous connaissons actuellement une deuxième période de sécheresse. La première s’est déroulée entre le 15 mai et le 10 juin stoppée par les épisodes orageux du 10, 11 et 12 juin. La seconde toujours d’actualité a démarré suite à ces orages. Il est remarquable de noter qu’il a plu moins de 5mm depuis le premier juillet alors que des vagues de chaleurs traversaient la gironde.
D’après notre expérience et la littérature nous appelons “vague de chaleur” un évènement climatique qui engendre un déficit en vapeur d’eau (VPD) supérieur à 3,5kPa. Pour rappel, le VPD correspond à la pression qu’il faut exercer sur un volume d’air pour extraire la première goutte d’eau. Plus l’air est chaud et sec, plus le VPD est élevé. Lors que le déficit en vapeur d’eau dépasse 3,5kPa, il provoque  au niveau des feuilles et des fruits une perte d’eau vers l’atmosphère même en condition de fermeture stomatique. Lorsque le sol est encore riche en eau, ce genre d’évènement n’est pas inquiétant pour la plante. Lorsque les conditions sont limitantes (comme par exemple le 26 juin 2011 où on avait atteint 5,12kPa dans le Libournais), on peut observer l’apparition brutale de brûlures sur les feuilles ou des blocages de maturité.

Merlot présentant un déficit hydrique sévère sans symptômes visuels
Aujourd’hui, ces épisodes successifs (8 journées à Bordeaux) sont à surveiller plus attentivement notamment pour les plantes qui ont un système racinaire limitant. Ces vagues de chaleur sur un sol de plus en plus sec ont provoqué des déficits hydriques non négligeables pour la vigne. Nous pouvons préciser que les Merlot sur sols filtrants (graves, sables) souffrent plus de ce manque d’eau et affichent des potentiels de base inférieurs à -5 bars sur certaines zones. Les Merlot sur argile et surtout le Cabernet, cépage isohydrique plus tolérant à la sécheresse, supportent beaucoup mieux cette période. Dans tous les cas une pluie dans un futur proche serait bénéfique pour favoriser une véraison dans de bonnes conditions et un bon début de maturation.
Posted by Vintage Report

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