Les prémisses du millésime 2016 à Bordeaux : un hiver très doux et pluvieux

Après l’enthousiasme général lié à la qualité du millésime 2015, l’hiver 2015-2016 a désorienté les viticulteurs par son climat bien particulier. Effectivement, du premier novembre 2015 au premier janvier 2016, les précipitations étaient largement inférieures aux normales saisonnières sur toute la Gironde. A cette époque l’hiver 2015-2016 était le plus sec des dix dernières années avec moins de 60 mm accumulés. En janvier puis février les nombreux épisodes pluvieux ont inversé la tendance avec plus de 350 mm d’eau accumulée en deux mois, un nouveau record. Quelques soient les appellations l’accumulation des précipitations depuis le 1er novembre est aujourd’hui supérieure à 500mm. Les réserves utiles des sols sont donc largement remplies et sur certains types de sol peu drainant des risques d’asphyxie racinaire pourraient perturber le développement printanier de la vigne.

Ce qui marquera principalement cet hiver restera sa douceur due aux flux océaniques dominants avec très peu de journées pour lesquelles la température est descendue sous 0°C. La moyenne des températures du 1er novembre au 31 mars fut de 1°C à 1,6°C supérieure aux normales saisonnières en Gironde.  À l’échelle nationale, c’est l’hiver le plus doux jamais enregistré depuis 1900 avec une température moyenne de 8°C soit 2,6°C au-dessus des normales. On a ainsi pu observer quelques sorties de feuilles dans certaines parcelles de vigne en Gironde dès le mois de février. Ces températures douces sont dommageables pour la vigne pour plusieurs raisons. D’un point de vue pathologique le froid permet de limiter la propagation des maladies. Les gelées sont également intéressantes pour aérer et décompacter les sols. Ensuite, au niveau physiologique la descente de sève est importante pour la pérennité de la vigne et pour sa résistance au froid (-15°C). Enfin des vignes au débourrement précoce sont susceptibles de subir les gelées tardives printanières, les organes verts étant sensibles à des températures de -2,5°C.

Grappes visibles sur Merlot (12/04/2016)

Heureusement, les températures fraiches du mois de mars ont eu pour conséquence de retarder le débourrement de la vigne. Les Merlot ont ainsi débourré autour du 24 mars à Bordeaux. Aujourd’hui les risques de gelée sont moindres mais qu’il faudra rester prudent sur le volet sanitaire. Le mois d’avril est lui aussi remarquablement frais ce qui a pour conséquence de retarder la croissance de la vigne. Depuis les années 2000 seules 2004 et 2008 ont été plus fraiches entre le 1er mars et aujourd’hui. Notons que c’est principalement la température du sol au printemps qui dirige la mobilisation des nutriments et de l’amidon par les racines agissant directement sur la croissance de la canopée. Sur toute la gironde nous notons déjà des vitesses d’élongation plus faibles qu’en 2015 et 2014 pouvant être expliquées par les conditions fraîches mais également par des excès d’eau dans les sols. Si la croissance reste faible cela pourrait avoir un impact sur les rendements en diminuant la taille de la rafle et donc le poids des grappes. Il faut donc maintenant espérer un retour à la hausse des températures.

Posted by Vintage Report France

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